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Mercredi 24 janvier 2007

Voilà, c’est fini ! Je sors sans avoir envie de claquer la porte. Je me sens douce, calme. Mozart et sa messe en Ut mineur m’accompagne comme à chaque fois que j’ai eu des choses importantes à te dire et je t’ai dit beaucoup de choses ici n’est-ce pas ? Il en resterait encore à dire sans doute mais je n’ai plus envie. Je n’ai plus d’encre, plus de cœur pour ça, tu es décevante et c’est très bien. Les lignes ont parlé, les entrelignes bien plus encore et de toi à moi, c’est la dernière fois que je viens poser des mots sur toi.

 

 

Il reste toutefois difficile ce dernier texte. Je me sens un peu fragile mais c’est normal, je commence autre chose. Je jette Manon par-dessus bord. Je n’ai plus de filet de protection en cas de chute ni pour la bonne, ni pour la mauvaise cause. Je libère la moitié de mon cœur que tu comblais jusqu’ici. Tu resteras mon drame, bien sûr, mais tu n’es plus celle qui empêche les autres de vivre près de moi et moi de toi, je suis déjà loin. Je n’ai désormais plus de raison pour ne pas avancer pleinement, plus rien n’existe maintenant pour me refuser. Tu auras été celle d’un temps qui m’a pris tout mon temps mais il n’est plus à perdre. 

 

 

Je rentre chez moi à l’instant. Je viens de lancer une procédure d’adoption. Je ferme cette porte et en ouvre une autre plus belle que toi. Sans y avoir pensé, je me rends compte maintenant que le cours de la vie est toujours le même. Un rêve meurt, un autre le remplace. Je pense à cet autre car je sais maintenant où se situe l’important. Je fais table rase et je cède avec bonheur mes erreurs stériles de battements de cœur pour toi et troque tout contre de vraies émotions fertiles. 

 

 

Je sais que tu n’auras jamais vraiment compris pourquoi je t’ai aimée à ce point. Tu es même capable de m’en vouloir pour ça. La question n’est plus de savoir si tu méritais ces émois, car non, certainement pas. Et à la question de savoir si j’ai bien fait de te souligner ainsi chaque jour, la réponse est oui. Je ne regrette pas et je ne renie rien des mots de ma lettre. J’ai mené une aventure solitaire et ambitieuse qui a fait de moi ce que je suis. Cette traversée fut fructueuse, difficile mais réparatrice au bout du compte. J’ai la chance d’avoir puisé en ma malchance avec toi ma richesse et mon bonheur d’aujourd’hui. 

 

 

Ce vide que tu as fabriqué, je suis prête à le remplir puisque abandon je ressentirai toujours si je persiste à te préserver. Savais tu qu’à travers le néant, la solitude façonne des mirages qui laissent entrevoir des signes que l’on interprète, sagement ou bêtement ? Je te laisse le choix de l’analyse mais il me plait de dire, avant de partir, cette petite chose fragile. C’est au même moment où s’élance mon message SMS vers toi que j’entends en ma maison s’élever une petite musique, suave, ouatée. Je l’écoute. Elle colle à ma peau, à mon humeur, au temps. Elle parle pour moi. J’y vois le signe d’une raison, la mienne. J’y contemple le mot « Fin ». Je referme ce blog avec elle comme un remerciement.    

 

Alors envole toi ma douce, part. Tout va pour le mieux. Je ne te retiens plus. Sur cette route du désert parallèle à ma vie que tu es depuis toujours, j’irai, demain, poser un panneau « voie sans issue ». Promis. 

   

 

 

 

 

Par MyRaftery - Publié dans : De toi à moi...
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