Il est un temps où le temps est
compté. Elle a tenu sa promesse et me voilà sa maîtresse. Maîtresse trop vierge à mon goût et je resterai ainsi en ses bras. L’important n’était pas là pour moi. Guidé par ses caprices, ces
doutes et ses douleurs, mon rôle est maintenant de répondre à ses moindres désirs. Ma vie est la sienne. La mienne ne sera jamais la sienne. Je m’en tape. Elle est là. Elle est la passion et aime
tout passionnément. Elle aime qu’on lui parle d’amour alors j’ai tout épuisé, les pages, les lignes, les encres et les mots. Ces mots qui resteront qu’un pal échos les années futures pour en
satisfaire d’autres. Son amour pour sa Mère fait qu’elle ne sait pas lui refuser ses soirées alors je l’attendrai des nuits entières sans jamais la voir apparaître ou si peu. Elle aime me dire
que l’amour du coeur est plus fort que l’amour du corps alors elle flirt de-ci de-là, je pleure en douce et ne moufte pas. Elle aime m’écrire et à croire que je suis la seule qui sait la
comprendre, la deviner, la calmer, lui pardonner, la tolérer. Elle ne connaît que les extrêmes et je flotte au grès de ses humeurs en attendant l’éclaircie. J’attends que ces regards fusilleurs
cèdent place aux mots bleus. J’attends, j’attends sans cesse, je suis une guerrière et je mène sa bataille. Elle est cruelle et si belle. Elle est insaisissable et est à moi. Mais elle m’aimait,
aussi, au grès des 4 saisons qu’elle écoutait en boucle dans sa chambre. Elle s’étonnait de m’aimer un peu plus chaque jour, elle s’étonnait de tout tout le temps. Elle disait : « A
chaque saison que nous passerons ensemble, je t’aimerai davantage, Vivaldi ajoute un violon, moi j’ajouterai un plus à mon amour pour toi jusqu’à toucher l’absolu. ». Elle disait :
« Ca y est, c’est l’été ! Tu ne le sens pas ? Imagine, sors de ton corps, ton esprit va me rejoindre, ensemble nous l’écouterons ce rusé de Vivaldi qui n’a que faire de mon
orgueil et me laisse tout t’avouer… ». Elle disait mais ne savait pas elle-même qu’elle ne le donnait pas, cet amour dont elle rêvait. Qu’importe au fond puisque pour deux, je le
portais.
Un soir, une nuit, sur l'asphalte de la rue du Désert, elle me laissa. Je ne dis rien, je la regardais s’éloigner
enfin. Je savais que c’était la fin.
Il est un temps où le temps est compté. Ce temps que je compte encore aujourd’hui.
Par MyRaftery
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Je vis une histoire demie sérieuse avec un garçon charmant et joli. Garçon masculin bardé d’un cœur
féminin, je parviens à semer le doute en son esprit et ouvrir une porte possible vers la bisexualité en sa sexualité. Je suis bien dans ses bras, je suis mal aussi. J’ai 19 ans. Il comprend mon attente, mon besoin de rencontrer mon ego, les femmes. Il est curieux d’un plaisir supplémentaire sans savoir si cela sera possible chez les
hommes. L’excitation est à son comble, la trouille au ventre aussi. Ce soir, nous sortirons au « Refuge ». Nous rentrons main dans la main,
nous nous accrochons à nous. Cette fois nous arrivons après le dîner des autres « d’en bas » qui auront droit au spectacle (en dehors des jours de fêtes nationales et religieuses) qu’en
accédant à la discothèque. La boîte est bien dédiée à ce drôle de monde. Cette fois nous faisons partie intégrante des genres présents. Je regarde
autour de moi. Je passe mon temps à regarder autour de moi. Les hommes sont beaux et d’autres moins, les transsexuels sont en cours de transformation, les travestis sentent toujours cette odeur
capiteuse, les femmes sont étranges et je ne parviens pas à m’y reconnaître. Je suis tantôt blottie contre mon homme tantôt seule. Je ne sais pas
comment évoluer dans cet univers que je sais déjà le mien. Par quel bout m’y prendre, par quel côté le consommer. Je me sens loin de celles qui sont
présentes mais… mais pas de celle que je viens de voir à l’instant. Une douche froide me saisie, une gifle violente à la fois et j’ai le cœur qui
implose. Elle est là, face à moi. Je ne regarde que sa bouche qui embrasse longuement une autre bouche. Je ne regarde que sa forme, charnelle et maternelle. Je regarde ses yeux, ils sont verts
noisettes. Je regarde ses mains et ses bras et puis sa bouche encore, encore. Ses lèvres sont charnues mais fines. Elle sourie. Je souris par elle. Elle rie, la discothèque disparaît et je
tangue. Je veux être cette bouche en face d’elle. Je veux presser mes lèvres et sentir ses yeux se fermer, ses mains se crisper, la sentir s’enivrer de moi car je m’enivre d’elle. C’est trop tard ! Il ne fallait pas la voir. C’est trop tard, elle sera ma perte. Je le sais, je le vois, je vois qu’il sera bientôt possible de la tenir
dans mes bras, je vois qu’il sera bientôt l’heure qu’elle en sorte, je vois ma vie future défilée devant moi. Elle est un danger pour moi, ma geôle. Je suis foutue. Je suis foutue alors il faut
que je lui parle, il faut qu’elle m’entende, que je lui dise que je l’attendrai. Le temps n’a plus d’importance. Je sais où il me mènera. Elle est seule, je m’approche. Lentement ma main est dans
la sienne et l’emporte. Elle sourie encore et me suit. Je me souviens avoir été claire et synthétique dans mes propos, douce et passionnée. Elle
sourit encore et me dis : « Demain, je serai à toi ». Elle m’embrasse, ses lèvres sont fraîches.
Satisfaite, Manon retournera vers la piste de danse.
Par MyRaftery
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Je supporte un beau père présent
déjà depuis très longtemps. Il sait tout, gère, affirme, décide. Voici un homme qui s’est construit tout seul et pense avoir pour mission d’aider à s’élever les êtres de son entourage. Il aura
surtout une vocation à détruire. L’enfer est pavé de bonnes intentions. Nouvel an ! Je suis mes « Parents » et leurs amis dans un lieu qui porte le nom
de « Refuge ». Nous entrons, nous nous asseyons, l’air est lourd et la musique burlesque. Les hommes sont habillés en femmes et font spectacle sur une minuscule scène. Je dîne
très près de celle-ci et fixe les faux cils, épie les formes incroyables des croupes de ces drôles de femmes, je hume les poudres de riz et Dieu que
j’aime ça. Il n’y a que des gens comme nous dans la salle et des gens pas comme nous sur l’estrade. Le monde du haut est plus proche de moi que le
monde d’en bas. Passé minuit, les portes de la boite s’ouvrent a de nouveaux arrivants et une foule épileptique s’engouffre en nos lieux. Je ne comprends plus ce qui se passe autour de moi.
J’entends des cris exacerbés, je vois des corps identiques s’entrelacer, des hommes entrent et sortent ensembles des toilettes et des femmes me regardent longuement en me souriant. Je sais et je
ne sais plus rien de ce qui arrive en même temps, je suis saoule, ivre de trop d’images. Ma mère m’arrache d’un groupe de femmes assissent autour de moi et me retrouve assise à l’arrière de
la voiture de mon beau père en direction de la maison.
Je ne trouve pas le sommeil, mes narines se souviennent encore des odeurs de la nuit, je sens une douleur au bas du ventre qui n’en ai pas une. Le « Refuge »… je ne
savais pas encore qu’il deviendrait le mien durant 4 ans.
Par MyRaftery
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