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Texte Libre

Août 2005...

 

Vous voici sur un blog à 1 dimension, 1 objectif ...

 

M'adresser à une personne que je nommerai du pseudo de « Manon ». On n'est jamais trop prudent ! Le but est de me faire croire que je peux encore soigner une déchirure de longue, de très longue date sans devoir m’allonger sur un divan de psy. Quelle prétention, je sais !  Démarche cathartique ! Et de déconfiture en reconstruction j'irai certainement. Maintenant, si vous voulez trouver une logique à ce fatras d'idées jetées, la chronologie de ce site est essentielle et la raison de son ouverture commence  ici  

Bienvenue à toi Manon !

 

Pourquoi « Manon » ? : Celle de Gainsbourg, c’est un peu toi. Pourquoi tout ça encore aujourd’hui ? Je cherche à comprendre, à mieux te vivre. Parallèle à ma vie tu as toujours été sans jamais disparaitre mais il est grand temps que tu t'envoles. Pourquoi un blog ? Parce que le principe est simple, séduisant et en retrait. Tu viens, tu ne viens pas… Je ne le saurai pas si tu le veux, toi, comme ça. Un jour viendra où je t’inviterai à prendre connaissance de mes tribulations qui n’existeraient pas sans toi. Ce chemin est mon parcours pour, enfin, accepter le silence en moi. Ce jour là, cet espace n'aura plus besoin d'être. Pour ma part, j'attends cela avec une impatience fébrile. Une dernière chose : j’assume pleinement ce que je fais. Par avance, mille excuses. 

Go !  

 

Janvier 2007... ce jour est arrivé !!!

__________

 

Dimanche 21 août 2005

... Et j'ai loupé cet appel. J'ai attendu, attendu que tu me téléphones... tu semblais le vouloir. J’étais heureuse. Rien n'est venu, bien sûr. Je n'ai plus dormi, je ne me suis plus nourri ou si peu. J’ai espéré, j’ai pleuré. Je ne comprenais plus ce qui m’arrivais. Je n'aurais jamais cru être bouleversée à ce point. J'ai attendu encore puis je t’ai demandé de réagir pour me sauver de moi, je crois . Un message répondeur priant un signe de toi. Encore une fois j’ai eu honte. Tu as réagi. Tu m’as écris. Lettre courte, lettre sans vrai message, lettre sans surprise, lettre tout de même… merci à toi. 

 

Le silence a donc repris sa place et mes mots reviennent le combler pour la seconde fois de ma vie.

 Les voici... 

 

 

Par myraftery - Publié dans : De toi à moi...
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Samedi 20 août 2005
  
Je me suis longtemps demandé si je devais mettre en ligne cette lettre. Et puis oui pour plusieurs raisons :
 

1. Parce quelle est une trace indélébile que je garderai en moi à jamais et si je prends la décision de me livrer pour avoir une chance de me vider de toi, alors je me devais de l'inscrire dans mon histoire, ici aussi.

2. Parce que tu l'auras peut-être jetée et rien que d'y penser, j'en frémis.

3. Parce que je me demande parfois si tu l'auras lu, vraiment, au regard de la réponse que tu m'as apportée (réponse qui ne sera pas mise en ligne, c'est normal).

4. Aussi, parce qu' il m'a fallu un courage immense pour aller au bout de ma démarche.

Paris, le 3 Novembre 2004    

 

 

 

Manon, 

C’est sans doute déraisonnable ce que je m’apprête à faire, ce que je m’apprête à dire. Je vais le faire pourtant et lorsque tu auras cette lettre entre tes mains, j’aurai fait en sorte de te prévenir de son arrivée…Je ne sais pas encore par quel moyen. Maladroit sera-t-il sûrement mais je tiens à te protéger, à ne pas déranger ce qu’est ta vie aujourd’hui, tant que possible. Tu feras ensuite ce que tu veux de ces écrits. En attendant, pardonne moi ce contexte quelque peu clandestin, bien qu’en y réfléchissant, il y a des raisons plus graves pour en vouloir à quelqu’un, je présume.
 
Il y a encore peu d’années, je n’aurai jamais osé t’écrire cette lettre. J’ai longtemps eu peur de toi et craignais tes humeurs souvent cassantes. C’est idiot ! Tu vois, je suis tombée, malgré tout, dans ce piège… pourtant ! J’ai passé des étés et des hivers à y songer et d’autres à  comprendre qu’un jour je ne pourrais que l’écrire. Il m’aura fallu du temps, grandir, trouver confiance en moi, me moquer de ma crainte et de ton jugement à mon égard pour que tu me lises à cet instant.
 
Je vis l’année qui me mènera à mes 39 ans. Tu imagines ? 39 ans déjà et me souviens de mes 19 ans… et de tes 22 ans ! Tu vois, le temps a toujours de l’importance pour moi mais comment faire autrement.
 
Je suppose que mon écriture te rappelle à nos souvenirs maintenant. D’ailleurs, qui d’autre que moi pour avoir l’audace de t’écrire,  20 ans après.  
 
C’est étrange ! Je n’ai pourtant pas, volontairement, choisi cette date pour me rappeler à toi. Mais puisque nous y sommes, je profite de cet « anniversaire » pour te proposer de refaire avec moi mon chemin parcouru pour te parler d’aujourd’hui. Je viens te parler de moi, sans toi.
 
Avant tout, promets moi de ne pas juger trop vite car tu ne trouveras en ces mots ni méchanceté, ni reproche, juste une vérité qui n’engage que moi. Je ne cherche pas à te tourmenter,  je n’attends rien car j’ai toujours été sage, si sage. Je n’ai jamais rien dit, ni fait, ni te suivre ou te poursuivre, te chercher, savoir…. Je n’ai su que m’effacer de peur de te déranger, t’encombrer. J’étais trop jeune pour comprendre qu’il faut oser se battre pour garder près de soi les gens qui nous sont capitaux, même si c’est trop tard. Certes, je n’ai plus rien à sauver. J’ai seulement besoin que tu m’entendes, car pour cela, il n’est pas encore trop tard. Si tu estimes, à cette seconde exacte, qu’il est inutile de poursuivre ta lecture alors je te demande de réviser ta décision. Attends ! Attends un peu encore. Si par chance, après toutes ces années, il te reste un peu de « respect  » pour moi alors accorde moi ce seul faste qui me reste…lis moi ! C’est très très important pour moi.
 
Tu sais, j’ai depuis toujours le coeur éventré à l’envie de t’écrire ce que je ne suis jamais parvenue à te dire, ni même permise de toucher du doigt. Pourtant je sais que tu sais comme je t’ai aimé, longtemps, longtemps. Mais sais tu comment ? 
 
L’histoire commence une nuit, celle où je t’ai donné mon cœur. Je te l’avais vraiment donné, tout entier. Elle se terminera une autre nuit, celle où tu me l’as rendu, jeté sans pourquoi, sans un mot ! Que voulais tu que j’en fasse ?  Je me souviens que pour toi, ce n’était pas suffisant. Tu t’es moqué de moi. Tu m’as évincée. Tu m’as fuis, comme la peste. J’ai tenté de me débattre, pauvrement, c’est vrai. Enfin, est arrivé le jour où tu m’as dit des mots d’une telle cruauté qu’ils résonnent encore dans ma tête. A l’évidence je me suis abandonnée et me suis tue à jamais. C’était le jour de mes 20 ans. Des années plus tard, nos rencontres furent riches de banalité. Mais je ne t’en veux pas, en tout cas, pas plus qu’à moi. Fin de l’histoire !
 
Voilà ! Je pourrais de nouveau m’arrêter là pour nous résumer, tu possèdes le même exemplaire, mais cette fois je vais poursuivre et te raconter la suite. Te dire que notre rencontre fut rapide, asexuée et troublante. Elle fut tout ça, sauf innocente. Quiconque dirait que les mots que je t’envoyais alors sont ceux d’un premier amour, presque adolescent, sans comprendre que d’autres belles choses arriveraient ensuite, plus profondes, plus fortes de sens. Sache que le temps n’a eu aucune emprise sur la valeur de chacune de mes missives. Il aurait dû gommer les élans et les bouleversements du cœur … rien n’y a fait ! Je le savais et je crois que toi aussi. Je savais que tu me briserais le cœur et crèverai de toi. Tu l’as fait et j’en crève encore. Tu l’as fait à tout instant, avec et sans toi, durant des années, à chaque rencontre, à chaque absence, à chaque mot jamais prononcé, à chaque regard jamais posé ou trop lourdement posé. Cela je l’ai compris à la seconde où je t’ai vu, avant même de te dire mon désir de te toucher, te respirer. Si tu savais comme je l’ai voulu cette histoire emplie de toi que je savais perdue d’avance.
 
Evidemment, j’ai toujours cru en ce que tu m’as donné de toi, livré aussi.  Je n’ai jamais su te remettre en question… jamais su. Pourtant, comment faire pour éviter les «Pourquoi ?», j’avais tant donné, les  « Comment lui revenir ? », les « Que me manquait-il pour lui suffire ? » mais surtout « Comment supporter ma honte ? » lorsque je discernais dans tes yeux que colère, dégoût puis mépris. Aujourd’hui je me moque de savoir s’il me manquait l’envergure que tu attendais ou bien autre chose, même si j’ai toujours pensé qu’il continuait de traîner dans l’air un souffle étrange, différent sur nous. Malgré cela, la réalité qu’il fallait admettre c’est que ta vie était devant toi sans moi. Alors comment en sortir surtout ? Le plus drôle c’est que je n’y ai jamais trouvé d’issue. Mais la question qui m’a posé les plus grandes difficultés pour avancer dans ma vie fut : « Comment, après tout ce temps, une si courte et cruelle histoire peut-elle être, à ce point, omniprésente et paralysante ? ». Parce que justement, courte et cruelle ?!  Je ne le comprends toujours pas moi-même à ce jour. C’est comme ça ! C’est pour toi ! Je me suis battue seule pour garder le meilleur et ensevelir le reste, pour mieux la supporter. En revanche, je ne suis certaine que de 3 choses :  c’est que j’ai toujours au fond de moi un sentiment d’humiliation affreux, qu’il ne faut pas se moquer d’un amour, aussi jeune soit-il, il peut vampiriser une vie et que tu es là, en moi, toujours.
 
Une fois seule, j’ai creusé mon malheur, fière comme un pou d’avoir croisé ton chemin, d’avoir vécu cette aventure bien dérisoire aux yeux de tous, fière de souffrir par toi un peu plus chaque jour et d’être devenue masochiste à l’idée de t’avoir perdue. J’ai creusé ce trou lentement comme on creuse sa propre tombe. Je t’ai écris, écris, écris durant 3 ans des mots qui m’apportaient l’illusion que je pouvais encore te parler pour être un peu moins morte. J’ai dû apprendre la « survie sociale », le «comment paraître » pour paraître vivante ; Comment avancer, très vite, tout droit pour ne pas tomber ; Tout faire, tout prendre dans n’importe quel sens… dans n’importe quel sens !  J’ai sauté dans des dizaines de trains qui m’emportaient vers toutes les discothèques de France et échoué dans des lits où l’on y faisait l’amour, sans amour. Je t’ai cherchée longtemps à travers d’autres filles. J’ai cherché comme une folle un même regard, une même bouche, une même façon de rire jusqu’à une même façon de rire de moi. Je n’ai trouvé que des avortons de toi. J’ai souvent été cruelle et j’y ai pris du plaisir. Je t’ai fui, toujours plus loin et plus loin de toi j’étais, plus contre moi tu étais. Aujourd’hui, il  m’arrive de te rêver ou te cauchemarder encore la nuit parfois. Je t’imagine, te cherche sans le vouloir dans les rues et si ce n’est pas toi, elle te ressemble. Et même si je suis depuis longtemps résignée, je me souviens si bien de ton odeur, du contact de tes mains, de tes mots prononcés, de tes humeurs et tes regards qui me faisaient tellement peur. A travers ma peur de te décevoir, tu m’as appris la fierté, une fierté exacerbée souvent. C’est peut-être cela qui me sauve d’ailleurs car je n’ai jamais pu m’agenouiller devant toi, jamais su te réclamer pour un instant, jamais voulu me diminuer un peu plus. Au contraire, je grandissais. Tu m’as fait pousser, comme un arbre, solide. Les blessures rendent forte et le besoin d’équilibre est devenu une sève de vie nécessaire. Je me suis nourrie de nous. Je me suis reconstruite. C’est arrivé tardivement, mais arrivé enfin ! Je savais ce que je voulais, ce dont à quoi j’aspirais. Ma sauvegarde reposait sur une nouvelle envie de vivre tout, tout sauf ça. J’ai pu aimer de nouveau, détester de nouveau mais jamais autant que j’ai pu t’aimer et te détester.
 
Je voudrais m’arrêter d’écrire et j’ai bien du mal. Tu vois, ça recommence ! Il n’y a que toi pour me faire noircir des lettres sans fin. La fautive est cette boucle si longue que je persiste à vouloir verrouiller. C’est indicible, c’est 20 ans de désir, de frustration, de plaisir aussi. C’est 20 ans de silence que je ne peux plus taire parce je suis «une grande fille », parce que je suis heureuse et que je réussie ma vie et qu’elle m’a rendu forte. Mais elle passe vite ! Je me déteste de parler ainsi et pourtant je vois les gens que j’aime vieillir, partir. Alors il reste pour moi une évidence, c’est qu’il est fou de ne pas dire son amour lorsque l’on aime, encore. Je ne veux rien regretter et être au clair avec moi-même, tant que possible. Tu es, à ce jour, ma seule faiblesse. Je viens te l’avouer et ce n’est pas si facile car si tu savais comme je me souviens de tout ! Tu es là, et lorsque je te vois, tu es mouvante et rieuse, espiègle. Je subis encore des relents de toi. Tu voyages avec moi lorsque je contemple à l’occasion les Nymphéas des 4 coins du monde, lorsque l’on me parle de la Suède, que je me déplace en Bretagne. Je tremble lorsque je respire dans la rue l’odeur musquée d’Opium. Je frémis à chaque passage d’Indochine « les revenants » ou bien de Vivaldi qui jouera toujours ses foutues saisons. Je n’ai aucune arme devant les taches de rousseur et les fossettes au menton, les yeux verts noisette ! Et puis… et puis tant d’autres choses encore qu’il me plait de garder, rien que pour moi…  et je sais que je ne pourrais jamais rien contre cela.
 
Voilà ! Tu sais tout, du moins d’un tout capable d’être réduit, compressé en quelques pages. En écrivant cette conclusion, j’entends comme une sirène d’alarme qui signifie, je crois, qu’il est temps que je prenne congés de toi maintenant… que je te laisse. Et si tu es toujours là à me lire… alors merci. Reprends ton souffle, le cours de ta vie…une autre vie, j’ai appris. Une vie de Maman surtout. Tu es Maman ! Quelle Aventure ce doit être ! Je t’espère la plus heureuse du monde.
 
Je ne peux pas te quitter sans te dire, tout de même, que c’est avec une moue interrogative mais légitime que ce pose à moi une dernière question. Car écorchée, oui, je le suis toujours, mais pas folle.  Comment recevras tu cette lettre ? Seras-tu surprise ou lassée ? En rage ou jubilante ? Agaçée ou sereine ? Je reste tellement incertaine de toi, j’ai peur de ma confiance en toi ! Ce que j’ai vu de toi après toi, ce n’était pas toi. Est-elle vraiment un leur à ce point ?!
 
Aujourd’hui il s’imposait à moi le fait de défendre la plus belle lettre d’amour qu’il te sera donné de recevoir, la plus vraie,  la plus pleine de toi, la plus gratuite. Je la voulais à la hauteur de mes saignements de coeur pour toi et si tu ne la reconnais pas comme telle, alors tant pis… elle en sera la mienne. Comme un cadeau je te l’envoi, un hommage que je te dois. Mais comprendras tu cela ?
 
Manon, de cette déferlante, ne retiens qu’une chose : Je t’ai tant combattue jusqu’à ce jour mais cet Amour me dure. Il n’y a plus aucune chance pour que cela cesse. C’est bien trop tard.
 
Je vous aime. Je vous aime.
 
                                                                                                       MyRaftery
 
 
PS : Voilà je viens de t’appeler. Mais c’est terrible… Quel enfer !!! Bien sûr que tu n’auras peu être pas envie d’y répondre, le silence je le connais bien maintenant. Tu pourras la lire à haute voix si tu veux, à qui tu veux, tu pourras aussi te taire si tu veux. Fais simplement ce que tu auras envie de faire comme je l’ai fait.  
 
Par myraftery - Publié dans : De toi à moi...
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Vendredi 19 août 2005

Je ne sais pas trop ce que je suis en train de faire.  

Il est 2h45 du matin. Je me jette à l'eau ? Oui j'y vais ! Et puis après tout, il est surtout pour moi ce Blog. Non je mens, il est pour toi. A ce jour, je n'ai pas d'autres moyens pour te parler, te dire, te sentir, te deviner. Alors, un  autre jour, sans doute, je trouverai le courage de t'indiquer l'adresse web de ce terrain miné qui est le mien... toujours. Pardonne moi !  

Tu es si loin, si absente. Je suis vide et dans le vide. Alors, laisse moi t'écrire à distance, dans l'ombre, ce que j'ai bien du mal à garder pour moi seule. J'ai pourtant tout tenté et tu sais que je dis vrai.

Cette nuit, je te donne un rendez-vous, celui de venir prendre compte de mes pensées, mes soupirs et mes sourires pour toi.

C'est si simple tu verras ! Tu viens ou tu ne viens pas. Je ne le saurai pas. Tu peux donc être calme et sereine comme j'aime à penser que tu le seras en me lisant... si tu le fais... un jour.   

 


Je vais donc me souhaiter "bonne route" car je vais en avoir besoin.  

Par MyRaftery - Publié dans : De toi à moi...
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