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Texte Libre

Août 2005...

 

Vous voici sur un blog à 1 dimension, 1 objectif ...

 

M'adresser à une personne que je nommerai du pseudo de « Manon ». On n'est jamais trop prudent ! Le but est de me faire croire que je peux encore soigner une déchirure de longue, de très longue date sans devoir m’allonger sur un divan de psy. Quelle prétention, je sais !  Démarche cathartique ! Et de déconfiture en reconstruction j'irai certainement. Maintenant, si vous voulez trouver une logique à ce fatras d'idées jetées, la chronologie de ce site est essentielle et la raison de son ouverture commence  ici  

Bienvenue à toi Manon !

 

Pourquoi « Manon » ? : Celle de Gainsbourg, c’est un peu toi. Pourquoi tout ça encore aujourd’hui ? Je cherche à comprendre, à mieux te vivre. Parallèle à ma vie tu as toujours été sans jamais disparaitre mais il est grand temps que tu t'envoles. Pourquoi un blog ? Parce que le principe est simple, séduisant et en retrait. Tu viens, tu ne viens pas… Je ne le saurai pas si tu le veux, toi, comme ça. Un jour viendra où je t’inviterai à prendre connaissance de mes tribulations qui n’existeraient pas sans toi. Ce chemin est mon parcours pour, enfin, accepter le silence en moi. Ce jour là, cet espace n'aura plus besoin d'être. Pour ma part, j'attends cela avec une impatience fébrile. Une dernière chose : j’assume pleinement ce que je fais. Par avance, mille excuses. 

Go !  

 

Janvier 2007... ce jour est arrivé !!!

__________

 

Dimanche 15 octobre 2006

« Au beau milieu de ce temps, de ces gens, de cette boîte, de cet hiver là que je méprise, tu te trouvais là. Mais il est fort heureux qu’il puisse exister deux trottoirs afin de choisir celui le plus éloigné de toi lorsque je t’aperçois. Je n’ai plus rien à te dire ». 


Ce jour là est le jour de mes 20 ans, ce jour là je te perds et je me suis perdue. 


Je suis odieuse. J’aime ça. J’avance à l’essence de rencontres accumulées et carbure d’aventures sans me soucier des élans de cœur des autres. J’ai les miens, il n’y a pas de place pour qui que se soit en moi. Je suis bouillante dans le lit des filles autant que froide dans ma vie. Je me regarde vivre et m’admire autant que je me hais. Plus je suis laide, plus on me trouve belle. Belle de quoi ! Je comprends alors que plus l’ « homme » est cruellement pervers plus il fait des ravages en les cœurs des demoiselles. C’est nouveau pour moi, un jeu il deviendra. Je jouis d’un pouvoir que je ne comprends pas mais devine. A bout de souffle, je cours en aval du temps qui passe pour me donner l’impression de ne pas souffrir de ton manque. Je t’en veux et je le hurle. Je me gaspille et ne me reconnais plus. J’ai mal au cœur, j’ai envie de te vomir. Et je t’aime, je t’aime encore. Mon organe vital est à la limite d’exploser à chaque minute depuis un an. Cela durera. Organe finalement bien petit pour te contenir toute entière. Je pousse à sa porte un peu plus chaque jour mes sensations nouvelles. Ca se ramasse mais entre toujours. Combien de tonnes d’amour faut-il pour en mourir ? Je tente l’expérience et je tremble. Je persiste à dépasser les limites de l’impossible lorsque je suis réduite à un vide béant en ton sein. Je veux que tu m’aimes à en pleurer, à en crever alors je compense et décompense. Je me fais tendre, attirante, idéale, inattendue tant attendue pour les jeunes et moins jeunes femmes qui tombent en mes filets. Elles m’aiment ? Ca y est c’est fait ! Alors Adieu Mesdames et merci pour votre intérêt mais ne suis qu’une illusion et non votre raison. Je m’en vais vous laissez souffrir avec moi à distance pour ne pas être seule en ma perdition. Une dernière chose, Mesdames, n’oubliez pas de remercier votre hôte de dernière séance, elle se nomme Manon.  


Faites donc, vous m’offusqueriez.



 

Par MyRaftery - Publié dans : De toi à moi...
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Mardi 19 septembre 2006

Le temps passe lentement, lentement. Mon petit ami a volé depuis longtemps. J’ai fort aidé à l’envol. Il n’était déjà plus là avant la fin du film. Manon ne peut, au hasard d’une discothèque, d’un café, retirer son regard de moi mais change de trottoir lorsqu’elle me voit. Mais il y a une richesse dans mon histoire. Une surprise, un cadeau. Je rencontre un homme, un ami, toujours à ce jour près de moi. Nos liens se dessinent en même temps que ceux de Manon se fragilisent. Il est là, tragique et toujours drôle à la fois. Il espère pour moi et je rêve en ses bras. C’est à 20 ans que nous vivrons notre « adolescence », ensemble. Nos blessures parlent à l’autre et nous nous regardons presque miroir. Notre humour nous délivre et nous allons vivre nos plus belles années sans le savoir. Voici mon frère. Mils trains nous prendrons ensemble pour dénicher l’une ou l’autre pour un soir à l’autre bout de la France et d’ailleurs. Nous sauterons dans un wagon postal pour s’enivrer de danse du tapis, gloire aux baisers qui change de visage sans cesse. Nous traverserons un champ militaire pour atteindre plus vite la piste mousseuse d’une boîte d’Espagne.  Nous draguerons dans les rues de Sitges et recevrons des sauts d’eau jetée par les fenêtres des habitants. Nous ferons les nouvelles coqueluches des milieux homos de province. Nous ferons l’amour dans des lits inconnus, des granges, des voitures et des chiottes infâmes mais à vélo sous l’orage, nous parcourrons un chemin de campagne en hurlant les prénoms des aimés perdus. Nous rentrerons tard ou pas du tout, nous rentrerons à l’hôtel, chez lui, chez elle mais pas chez nous avant d’être fourbu et rassasié, toujours. Nous fuirons ensemble les auras des ciels trop bas, nous rirons encore de tout, de tout pour ne pas parfois en pleurer.  



A toi frangin qui n’en ai pas un pour de vrai. Je préfère le faux,  plus fort pour de vrai…

 



Par MyRaftery - Publié dans : De toi à moi...
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Dimanche 10 septembre 2006

Je sais cette fois que c’est pour de bon. Sans vraie prémisse, elle sort de ma vie, celle du palpable, celle de ces lettres que je reçois et que je caresse des yeux pour y trouver le mot, celui qui clame l’éternité, celui qui n’existe pas. Celle où il est possible de composer son numéro, jamais sans crainte, mais possible quand même, écouter sa voix qui me répond. Celle où je l’entends rire à l’idée de s’étreindre dans le confessionnal de la cathédrale, celle où le vertige d’un baiser n’est pas qu’une expression. Je m’éteins donc lentement. La période que je traverse est une ironie au bonheur. Je suis passé de l’exaltation à la mort le temps d’un éclair, le temps de quatre mois.  


Un malheur n’arrive jamais seule. Mon beau-père souhaite poser un point à sa curiosité. Peu avant mon intime désastre un doute persiste en lui. Un déjeuner en tête-à-tête, de l’alcool, il est doux, je suis cuite et je parle. Il prend connaissance de l’existence de Manon. Est-ce un sentiment logique de fin d’adolescence ou autre chose ? Il veut la rencontrer. Il réclame encore. Son insistance est troublante. C’est un matin très tôt, seuls dans sa voiture qu’il expliquera m’avoir fait suivre, étalera l’enchevêtrement exact de mon dernier samedi au « Refuge ». Je reste perplexe, offerte à sa malveillance, confiance bafouée a jamais perdue. Il redemande à rencontrer Manon rapidement et réponds : « Espère, Manon est plus ! ».  Il rétorque sans trop y croire que les filles c’est fini sur un ton interrogatif. Je déclame fatiguée et pleine d’arrogance : « N’aie crainte, je saurai trouver d’autres bras pour aimer les femmes ». Ma sexualité pose un problème sévère et sévère il sera. Colère, dans un mouvement imprécis il sort trois billets de 100 F, me les jette au visage en vomissant lentement : « Prends et va te faire sauter par les femelles que tu voudras, c’est moi qui invite ! En revanche, dimanche à 19 heures précises tu es à la maison et tu dis tout à ta Mère. Bon week-end ! ».  Ma mère, pauvre Mère, pauvre de moi, pauvre homme. Je sors de la voiture, les jambes bien à la verticale du sol, la tête en pleine implosion. C’est à ce moment précis que j’ai commencé à tout faire, à tout prendre dans n’importe quel sens, dans n’importe quel sens. Je suce son fric au dernier centime. Je vais de-ci, de-là entre fausses amitiés extraverties et conversations lunaires de travestis. Je les connais bien maintenant. Je me fous de tout, de tous. Que reste-t-il ? Je bois, je danse frénétiquement, j’ai envie de mal car l’on ne fait tant de ce mal. J’ai envie de hurler et je ris aux éclats. Manon n’est pas là et c’est tant mieux, je suis à pleurer. Je toise les hétéros et caresse les filles en passant, je bois encore, avale la bouche d’une ou deux nanas. Je suis prostrée, je ne bouge plus. Un couple de filles me ramène chez elles pour prendre un café salvateur afin de pouvoir moi-même conduire. Je crois avoir flirté avec la première des deux quelques heures plus tôt. Je mènerais presque au plaisir la seconde dans le hall d’immeuble quelques heures plus tard. Presque, par simple méchanceté. 19 heures. Le champagne est servi au salon comme une tradition qui devient perverse ce soir-là. Mon beau-père jubile, je dis tout, maman fait un malaise, elle pleure, je tremble. Elle dit : « Ton Père me l’avait prédit ». Elle dit : « Dis moi que c’est fini ». J’aime ma Mère, je mens, je dis oui. Le silence de ma sexualité est prêt pour prendre place des années. La communication avec mon beau-père restera à jamais une vaste idée reçue. Je passe en un soir de l’adolescence à l’âge adulte. 



Manon où es-tu ? Absolu est le vide. J’ouvre le livre vierge, je prends la plume et j’écris : Manon, Manon, Manon…



Par MyRaftery - Publié dans : De toi à moi...
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