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Texte Libre

Août 2005...

 

Vous voici sur un blog à 1 dimension, 1 objectif ...

 

M'adresser à une personne que je nommerai du pseudo de « Manon ». On n'est jamais trop prudent ! Le but est de me faire croire que je peux encore soigner une déchirure de longue, de très longue date sans devoir m’allonger sur un divan de psy. Quelle prétention, je sais !  Démarche cathartique ! Et de déconfiture en reconstruction j'irai certainement. Maintenant, si vous voulez trouver une logique à ce fatras d'idées jetées, la chronologie de ce site est essentielle et la raison de son ouverture commence  ici  

Bienvenue à toi Manon !

 

Pourquoi « Manon » ? : Celle de Gainsbourg, c’est un peu toi. Pourquoi tout ça encore aujourd’hui ? Je cherche à comprendre, à mieux te vivre. Parallèle à ma vie tu as toujours été sans jamais disparaitre mais il est grand temps que tu t'envoles. Pourquoi un blog ? Parce que le principe est simple, séduisant et en retrait. Tu viens, tu ne viens pas… Je ne le saurai pas si tu le veux, toi, comme ça. Un jour viendra où je t’inviterai à prendre connaissance de mes tribulations qui n’existeraient pas sans toi. Ce chemin est mon parcours pour, enfin, accepter le silence en moi. Ce jour là, cet espace n'aura plus besoin d'être. Pour ma part, j'attends cela avec une impatience fébrile. Une dernière chose : j’assume pleinement ce que je fais. Par avance, mille excuses. 

Go !  

 

Janvier 2007... ce jour est arrivé !!!

__________

 

Mardi 11 avril 2006

Je suis ridicule. Je suis si petite à tes yeux que j’en arrive parfois à me satisfaire de cette version des choses. Lorsque je t’ai envoyé cette lettre qui ouvre ce lieu, je pensais sincèrement que de l’écrire me suffirait. J’avais un tel besoin de te dire quelle importance tu as eu et as encore pour moi. Mon but à ce moment précis était de ne rien demander, rien réclamer de toi parce que je ne voyais pas quoi demander. C’est surtout que je n’imaginais pas une réponse de toi après ça. Et puis, voilà, tu réponds. Un après-midi, je vois sur une enveloppe, après 20 ans, une écriture que je n’avais jamais oublié. Cette écriture est dans ma boîte aux lettres. Je pose la lettre sur mon bureau et regarde cette lettre fermée durant un temps que je ne saurais définir. Je n’ai pas envie de l’ouvrir cette lettre. Je ne l’ouvre pas d’ailleurs immédiatement. C’est comme si ce n’était pas vrai. Je rêve, c’est ça, je dois rêver. Trop de temps s’est écoulé pour que cette écriture puisse s’adresser à moi. Je me souviens même avoir vaqué à mes occupations avant de prendre connaissance de ton message qui était de dire que tu avais changé de voie et qu’il me faudrait répondre à mes questions car elles m’appartenaient, à moi seule et que tu ne souhaitais plus que l’on te parle de ton passé resté difficile pour toi et point. Alors j’ai été déçue. Légèrement car je savais avant l’heure qu’il ne fallait rien attendre de profond de toi. Je pense pourtant que ces écrits t’ont profondément touchés mais ils auraient touché n’importe qui d’autre. C’est là ma solitude. Il n’existe pas d’intimité entre nous, même sous une forme aussi minime soit-elle. J’ai vécu seule cette relation. Je l’ai fabriqué dans mon coin pour ne pas t’oublier, te perdre. C’est ridicule. J’ai tout pour être heureuse et je suis heureuse, alors pourquoi ais-je encore besoin de me rapprocher de toi. Je pleure une réponse de ta part et je l’obtiens. Elle ne me convient pas mais le savais par avance. Mais tu réponds, tu réponds. Le jeu était évident. Il était risqué. Et puis, tu ne m’as pas comprise. Alors pourquoi ne pas tenter un autre contact, une chance de plus ? Le piège se referme sur moi et les doigts me brûlent de te répondre et je réponds ceci :  

 

  

Paris, Le 21 Novembre 2004     

Dernier message   

Ok ! Alors laisse moi achever cette correspondance éclair en te disant que j’ai entendu ce que tu m’as écrit et que jamais plus je ne t’obligerai à  t’imposer désormais le souvenir de ton passé personnel même si je vois que je ne suis pas la seule à avoir du mal à régler les choses de la vie passée. En revanche, sache que ce ne sont pas les réponses à mes vieilles questions qui m’encombrent aujourd’hui, comme tu me le laisses supposer, sinon je serai folle à ce jour. Je vis pleinement heureuse et j’aime la femme qui partage ma vie depuis 8 ans. Ce n’est pas la « méchante » Manon qui me fascine car je t’ai vu fragile aussi. Ce n’est pas le temps, le long terme que je n’ai pas vécu avec toi qui construit l’amour, c’est la magie d’un instant.  Je tiens à resouligner que l’amour que je te porte est désintéressé et ne laisse aucune place aux fantasmes mais plutôt aux souvenirs lourds encore présents, c’est vrai. C’est bien plus profond que ça ! Ce qui me fait  le plus de mal est de savoir que tu n’auras jamais l’envie de prendre le temps de partager un café avec moi si tu passes un jour par Paris ou Orléans. Que je n’aurai jamais l’occasion de te faire partager mes goûts, mes couleurs et toi les tiennes. Que je n’aurai jamais l’occasion de jouir du plaisir simple de parler avec toi  de tout et de rien en se réchauffant à la chaleur du feu de ma cheminée Parisienne. Qu’importe le choix de ta voie aujourd’hui pour moi. Ce qui me fait peur c’est ta voix qui restera à jamais silencieuse (même si j’y suis habituée). Je ne parle pas moi de choix de vie, je parle de rapport humain. Tu n’as pas compris que ce qui  me rend aujourd’hui malheureuse c’est de savoir que tu ne feras jamais appel à moi lorsque tu auras besoin d’une oreille attentive, d’un sourire réconfortant ou de rires pour démystifier les choses. Ce qui me fait le plus peur c’est que tu ne te rendes jamais compte toi-même que je saurais le faire. C’est cet amour là que je te porte aujourd’hui car celui dont je t’ai parlé est révolu. Il en reste le plus beau, le plus gratuit comme je te l’ai écrit, celui qui fait que je n’ai pas besoin de toi pour vivre bien, celui qui fait que je ne regrette plus de ne pas avoir été importante pour toi mais celui qui fait qu’un jour, si tu n’es plus, je ne serai plus aussi. Cet amour que je porte ne se lit que dans les livres semble-t-il ! Il est doux, implacable et indestructible. Et je ne le veux pas autrement. Je tiens à ce jardin privé qui est le mien et je me fout de savoir si tu me comprendras ou pas car moi, je sais la richesse qu’est d’assumer mes échecs et mes envies, je sais la richesse qu’est d’aimer au-delà de tout. Je veux oublier… je ne veux pas t’oublier. Je n’espère que simplicité et légèreté. Mais sauras-tu l’entendre ? Auras tu l’envie de le tenter ?    

 

Alors voilà, c’est tout ! Et si toutefois, tu comprends un jour que ton passé personnel douloureux n’a rien à voir avec moi, car le contexte du passé est passé, et si tu comprends un jour que tu n’as pas à avoir peur de moi, alors je jure que je serai toujours là pour toi.  

 

 

Je crois savoir que c’est inutile mais t’impose ma logique, c’est pourquoi je t’informe tout de même que je viens d’investir dans un appartement situé ………………………. pour Avril prochain. Encore une fois, jette l’adresse ou préserve là précieusement car précieuse tu es, toi, à mes yeux.  

 

Ne t’obstine pas à vouloir me faire fermer une porte que je ré ouvrirai toujours, tu ne gagneras pas. Son seuil, je ne le franchirai plus sans ton accord, soit rassurée. Mais garde là, toi, ouverte.  

 

MyRaftery  


 

 Elle restera sans réponse et sans geste bien entendu de ta part et je replonge. J’ouvre le blog. 1 an et demi s’est écoulé à quelques choses près. J’ai toujours été sincère dans mes mots et mes démarches. Je voulais comprendre sans me protéger. Ce chemin je le fais. Le seul plaisir que ceci m’apporte est de faire revivre quelqu’un qui est sorti de ma vie intimement en 86. Ce seul plaisir fait du mal. Mon fantasme est sans appel puisque tu as décidé d’être morte pour moi. Et la réponse est là. Elle est bien là Manon. Le deuil. Je ne sais pas faire de deuil. Je refuse cette chienne d’étape pour toi comme je ne sais pas la faire pour ceux que j’ai aimé et qui sont absents à jamais de ma vie. La mort. Je refuse la mort. Je ne veux pas la voir, je l’ignore, elle n’existe pas. Je ne souffre pas de la mort des autres puisqu’ils ne le sont pas. Ils vivent simplement ailleurs, dans un pays où il est impossible de se contacter et cela me va bien, ça me suffit pour vivre sans eux. Je ne pleure jamais. Je ne sens pas de vide. Je ne ressens rien, si rien. Je suis hermétique à l’idée du manque puisque c’est irréversible. Je les aime et nous nous aimons et c’est tout. Voilà. Vous enlever les gens que vous aimez est une chose lorsque c’est bien fini mais vous enlevez les gens que vous aimez lorsque ces derniers sont à porté de main… je ne peux le supporter. Je ne peux pas faire le deuil de toi puisque tu es là, tu cours, tu chantes, tu vis tout simplement.   

 

La réponse à mes questions je la tiens. Je ne peux conceptualiser la perte des autres lorsque j’aime encore. Lorsque tu m’as fauchée, je t’aimais encore, alors : 

 

 

Tu fais partie de ce monde qui est le mien.  Je ne sais pas t’oublier car je ne sais pas faire de deuil.  

 

   

Par MyRaftery - Publié dans : De toi à moi...
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Lundi 10 avril 2006

Bon ! Je fais quoi ? J’arrête ce blog ou pas ?  

Il me faut partir vers d’autres pensées, partir, sortir de là.  

De cette dernière demande qui est la mienne depuis le début : par un geste simple me faire plaisir… Après tout, tu le feras ou pas, c’est tout.  

Je ne vais pas passer ma vie à attendre… rien ? Rien de toi !!! Si tu ne réponds pas, si tu restes tel un bloc alors Adieu ma belle, très belle.  

Je suis tellement fatiguée en ce moment. Et puis il arrive des choses qui parfois vous résument les importances qui sont les vôtres d’un coup. Mardi dernier, nous avons manqué brûlées dans mon appartement, Claire, mon chat et moi. Un compteur brûle seul dans un appartement au dessous et tout est différent d’une seconde à l’autre.  1 minute pour ne plus voir devant soit, tant de fumée. Tant de fumée, je ne vois pas Carbone, il faut sortir. L’autre minute pour descendre un escalier. 4 minutes pour voir des Pompiers intervenir. 20 minutes pour savoir que mon chat est en sécurité. 15 autres pour être certaine qu’il n’y a personne dans le logement en flamme. 50 dernières dans une cour intérieure à attendre. Attendre que l’on puisse réintégrer nos lieux.  

Tout peu changer d’une seconde à l’autre, c’est vrai.  

Je peux décider de fermer cet espace. Je peux décider de poursuivre ma quête si elle reste possible et en suis de moins en moins certaine. Je peux décider de t’appeler, te communiquer l’adresse web et en finir enfin.  

Je peux décider ce que je veux et c’est une chance de pouvoir décider. Il y a des moments où le destin décide pour vous. Il suffit de le savoir une fois pour savoir prendre des décisions. Bonnes ou pas, nous ne savons jamais. Radicales certes. Je vais la prendre. Pour la suite, reste ce que tu as toujours été, une part de destin.  

Je baisse les bras. 

Par MyRaftery - Publié dans : De toi à moi...
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Samedi 11 mars 2006

Je n’ai plus de connexion Internet depuis 4 jours et cela risque de durer un moment. Je me sens comme exilée de toi. Je ne suis pas encore guérie de toi et ne le serais jamais. Je t’écris via Word et ferais un copier coller dès que je le pourrais sur le blog. J’ai l’impression qu’une porte lourde vient de se refermer entre toi et moi. Je me rends compte à quel point j’ai créer un monde qui me rassure sur le net. Il n’est que virtuel. Je me rends compte à quel point j’ai besoin d’écrire encore. Je pensais que tout ceci prenait fin. Je ne pensais pas qu’il resterait à dire. Pourtant et malgré tout, elle n’est tout de même pas si loin, cette fin. Ca ressemble à une rupture lorsque que l’on pense avoir tout dit avant de se quitter et qu’une fois fait on réalise qu’il restait des mots importants à prononcer. On ne fini jamais de dire le choses. Si il y a disfonctionnement c’est de n’avoir personne face à moi pour ne plus entendre ces mots. A deux, l’un ou l’autre fini toujours par vous empêcher. Moi, je suis seule et personne n’est là pour me réfréner, me stopper si je sens encore des vibrations au fond de moi. J’ai peur que tous ces écris n’est plus de sens pour celui ou celle qui en prendra connaissance. Moi je sais ce que je veux. J’ai peur que tu n’y comprennes rien. J’ai peur que tu crois que je veuille te récupérer, te séduire. J’ai peur que tu penses mal et à côté de la plaque comme la dernière fois. J’ai peur que tu m’en veuilles de penser à toi comme ça. Un bloggeur qui me suit de près, avec qui je discute, n’avait lui-même rien compris au sens propre de cette quête.  Que faire pour que tout ceci soit clair ? C’est désespérant au fond. Mais je peux comprendre cela puisqu’il me faut passer par toutes ces émotions, questions, fantasmes, craintes, envies et déchirures pour faire de ce chemin un parcours salvateur. Je ne cesserais jamais de t’aimer. Pourquoi chercher à défaire ce qui n’est pas dé faisable. Il faut bien le dire et pourtant : 

Le bloggeur : Qui est Manon pour toi ?  

Moi : Une femme que j’aime démesurément depuis toujours.  

Le bloggeur : Mais il reste de l’amour pour toi de son côté ?  

Moi : Non, absolument pas.  

Le bloggeur : Je ne comprends pas, tu ne vis pas seule pourtant ?  

Moi : Non et alors ?  

Le bloggeur : Tu ne l’aime pas ?  

Moi : Oui je l’aime. Elle est une évidence, une chance, ma vie, ma vraie vie.  

Le bloggeur : Manon n’est pas seule, elle a sa vie aussi !?  

Moi : Heureusement, elle est heureuse semble t-il et c’est une chance aussi pour elle, pourquoi ?  

Le bloggeur : Tu ne cherches pas à reconquérir Manon ?  

Moi : Surtout pas. Notre histoire est du passé. Je vis au présent et mon présent et futur, c’est Claire. Manon à sa vie, je ne veux pas la bouleverser en aucun point.  

Le bloggeur : Pourquoi ne pas parler de vive voix avec elle ?  

Moi : Parce qu’elle ne le souhaite pas je crois. Elle ne comprend pas et je ne le comprendrai pas si j’étais à sa place. Parce que ce n’est pas facile à admettre et surtout à accepter sereinement. C’est plutôt atypique comme situation.  

Le bloggeur : Qu’attends tu au bout du compte. Le fond de ces écris c’est quoi ?  

Moi : Tu seras déçu ! Un appel de temps en temps pour dire bonjour, savoir si elle va bien, se faire une terrasse le plus simplement du monde si elle passe par Paris, un regard, un sourire… presque rien. Mais même ça, elle ne le donnera pas.  

Le bloggeur : Je ne comprends pas, tu es sincère !  

Moi : Oui ! Elle est l'origine de ce que je suis devenue aujourd'hui en qualité de femme et de personne. C'est complexe et si simple à la fois. Elle est tout simplement terriblement importante pour moi.  

Le bloggeur : Et si Manon revenait tout de même ?  

Moi : Je ne veux pas de Manon. Je sais où est ma vie, elle n’est pas en Manon. La question ne se pose même pas. C'est vraiment très simple.  

Le bloggeur : Tu l’aimes au sens propre du terme alors, sans attente amoureuse, sans rien ou si peu !  

Moi : C’est ça !  

Le bloggeur : C’est absolument incroyablement beau !  

Moi : Non, c'est pathétique.   

Par MyRaftery - Publié dans : De toi à moi...
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