Entre l’enfance et l’adolescence je décide de ne plus voir mon
Père qui ne me réclamera jamais. L’école reste difficile et les amours, platoniques. C’est bien normal comment expliquer que la jupe de ma prof de français me touche droit au cœur et que la plus
courtisée des filles du collège me fait rêver dans mon lit. Comment et à qui ? Je ne regarde pas les garçons qui ne me regardent pas non plus. J’embrasse tout de même, il faut sauver la
face, un premier d’entres eux lors de ma retraire de communion catholique et louche sur la bouche pulpeuse des filles en rêvant de communions bien moins catholiques. J’entre dans une école
technique privée, là où s’échouent les petits niveaux de l’éducation nationale. Je ferais donc secrétaire, ma Mère a décidé. Métier d’avenir ma Fille, métier concret qui concrètement ne pouvais
qu’aller à l’encontre de ce que j’étais. Je fais pleurer mes professeurs, brûle les distributeurs de papier toilette, inonde les locaux par le dernier étage et de ma meilleure amie, j’arrache un
premier baiser passionné après avoir minaudé durant des années. Je sors de l’école 4 ans plus tard avec 2 diplômes, 1 reconnaissance familiale et 5 soupirs de soulagement que pousseront les sœurs
de l’école le dernier jour. Je pousse ce même soupir en miroir.
J’ai appris les rapports de force, les risques de l’autorité et ses bienfaits, j’ai
appris de quoi j’étais capable et qui j’étais et je sais que le temps de subir est terminé. Je soupir une seconde fois.
Par MyRaftery
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L’enfance passe lentement et si vite à la fois. Je comprends
rapidement que la notion du temps est fonction du bonheur ou son contraire. Je comprends aussi que l’age adulte est voué à une guerre constante qui a pour but de trouver son équilibre au
détriment des autres. Je cherche alors à ralentir le temps en jouissant d’instants ludiques et heureux. J’ai conscience de ces moments de grâce à l’instant où je les vis et me rappelle mettre
concentrée très fort pour en goûter toute la puissance. Ils sont encore en moi, déstabilisants par tant de justesse. Je ne dis rien mais n’en pense pas moins. Je suis mauvaise élève. Les rouages
de l’éducation nationale n’auront jamais eu raison de moi. Je bloque, ne comprends pas, Je fais des fautes à tous les mots, ne sais pas compter et je ne surmonterais jamais ces lacunes, je suis
dernière en classe. Le temps de caresser les cheveux de la maîtresse durant des heures lorsque je pleurais est bien fini. Il faut subir. Je redoute le futur et en même temps je rêve d’avoir 30
ans à 12 ans. L’alternance parentale est toujours présente. Un week-end mon Père me présente son nouveau chiot qui deviendra chien de garde. C’est un choc immédiat, une reconnaissance, nous
devenons inséparables. Mils lieux nous parcourons ensemble du petit matin au coucher du soleil. Chien de pêche et de chasse, il sort les truites des rivières que je rapporte pour dîner. A
cache-cache nous jouons en forêt et dans les étangs il m’apprend à nager. Ma chambre est une minuscule chambre de l’hôtel de mon Père. Village reculé, les clients sont rares, je suis seule et les
couloirs me font peur. Lorsque j’y pleure ma Mère et ma Grand-mère je descends me blottir au creux du ventre de mon chien derrière le bar. Ici, je dormais bien. Et même si ma plus grande
peur me venait de mon Père, qu’il hurle le matin en nous voyant je m’en foutais bien. Ce chien était le seul à me soulager et me porter vers le haut. C’est lui qui courait durant des kilomètres
derrière la voiture qui me ramenait dans mon autre foyer. Déchiquetée était ma poitrine mais cette voiture m’emportait vers l’autre vie de ma vie, celle des femmes qui m’aimaient. A cet instant,
je comprends l’importance du mot : choix. Je décide qu’il sera le centre de ma quête future, le seul outil possible à ma réussite humaine.
L’enfance est le moment où l’avenir n’a pas de secret. Foutaise, à ceux qui espèrent le contraire.
Par MyRaftery
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Je me présente, je m’appelle MyRaftery, je rêvais réussir ma
vie…. Et je le fais !
Je suis née en France dans un pays où les bois sentent fort et les légendes sont
constantes. Ville bourgeoise, mes Parents ne l’étaient pas. Pas pauvres non plus, non non. Ma Mère fait sa carrière dans la vente de pierres précieuses et mon Père dans la confection de petits
plats. Mon Père est homosexuel. Ils divorcent, j’ai un an. L’un déchire l’autre. L’un sali mes vêtements d’enfant pour prouver devant huissier que je
suis maltraitée. L’autre me couve à m’étouffer. Ma mère emporte ma garde et m’étouffera d’amour. Aujourd’hui encore. Je suis élevée par mes Grands
Parents qui nous héberge longuement pour soutenir financièrement ma Mère. Il y a la chambre de mon Oncle, « mon frère ». Elle est noire en
toutes saisons et sent l’encens, j’y écoute les Floyd depuis l’âge de 8 ans. Ma Mère devient autonome, prépare ma chambre avec bonheur et je ne veux pas partir d’ici. Souffrances, je pleure, elle
pleure, un an après me prends de force et m’installe chez moi, je m’habitue enfin mais reviendrai vivre les week-ends chez « Mamie », la première femme de ma vie, jusqu’à une tardive
adolescence. Je suis divisée en deux depuis toujours. L’éducation des femmes, l’éducation des hommes. Les uns de droite les autres de gauche. Chez les femmes, il y a ma Mère et ma Grand-mère,
chez les hommes, mon Père et son Père. Pour moi, à quelques exceptions c’est le bonheur dans le monde des femmes, le cauchemar dans le monde des hommes. J’y ai trouvé un équilibre de vie, un
double pouvoir de réflexion. Les femmes m’admirent, me flattent et m’enroulent de plaisir, elles m’aiment. J’apprends la passion. Mon père tyrannise, trahis, me jette dans les orties pour rire et
dépouille des lapins vivants devant moi. J’apprends la solitude. Les femmes surprotègent, attendent trop de moi et finissent par me fragiliser. Les hommes m’apprennent les champignons, à me
diriger seule dans la forêt, à pêcher avec un bout de bois et m’ouvrent les portes de l’autonomie.
Chacun aime à sa façon.
Par MyRaftery
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